Les limites

IMPACTS SUR LA GLYCEMIE

   Lors de son hydrolyse, le saccharose est divisé en sucres "simples" : il apporte donc du fructose et du glucose. Si nous absorbons une grande quantité de saccharose, le taux de glucose dans le sang appelé "glycémie" augmente. A jeun, sa valeur normale est comprise entre 0.70 et 1.10 g/L. Cependant, un individu peut absorber lorsqu'il mange plusieurs dizaines de grammes de glucides. La digestion provoque une brève augmentation du taux de sucre dans le sang : c'est le pic glycémique observé après chaque repas. La glycémie ne peut dépasser une certaine valeur, 1.10 g/L environ 2 heures après un repas, au risque de provoquer une hyperglycémie.

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La régulation de la glycémie

   L’insuline est une protéine fabriquée naturellement dans l’organisme. Elle a pour fonction essentielle d’empêcher que la glycémie n’augmente trop et de la faire diminuer quand elle a tendance à s’élever : c’est une hormone hypoglycémiante. Dans un organisme normal, il y a en permanence une toute petite quantité d’insuline secrétée 24 heures sur 24. Au moment où l’on mange des glucides, la glycémie a tendance à s’élever et la sécrétion d’insuline augmente immédiatement. En effet, si le glucose obtenu à partir des glucides consommés n’est pas immédiatement utilisé pour faire fonctionner le corps, il va alors, grâce à l’insuline, être stocké dans l’organisme, en grande partie dans le foie et les muscles sous forme de glycogène pour l'énergie, mais aussi sous forme d'acides gras dans les tissus adipeux. L’insuline, fabriquée par les cellules bêta du pancréas regroupées en amas, les îlots de Langherans, se fixe à des récepteurs sur la membrane des cellules du foie, des muscles et des tissus adipeux et permet ainsi de faire entrer le sucre dans ces cellules et de faire diminuer la concentration sanguine.

Complications

   Plus la quantité de glucose absorbée augmente, plus le pancréas sécrète d'insuline et plus les réserves en graisses de l'organisme deviennent importantes. En effet, l'accumulation de gras autour de la taille en particulier va pertuber le rôle de l'insuline et favoriser l'apparition du surpoids. La consommation excessive des sodas comme le coca, liée à un manque d'exercice physique, peut donc amener à un problème de santé de plus en plus fréquent dans notre société : l'obésité. Ces boissons sont alors surnommées "bombes sucrées".

   De même, plus le taux d'insuline s'élève et plus les cellules réagissent en devenant résistantes à l'insuline, et stockent alors de moins en moins de glucose. Comme ce dernier est moins stocké il se retrouve en plus grande quantité dans le sang.  Cependant, pour compenser la résistance à l’insuline, le pancréas se met à produire davantage d’insuline. Mais avec le temps, le pancréas s’épuise et la sécrétion d’insuline diminue. Il y a donc un manque relatif d’insuline et la glycémie reste alors élevée de façon continue. L’organisme n’est plus capable de réguler la glycémie. Ce phénomène appelé insulino-résistance est donc à l'origine d'une hyperglycémie chronique, taux trop élevé de glucose dans le sang, qui caractérise le diabète de type 2. Cette maladie survient généralement chez les adultes avançant en âge, et touche davantage les personnes obèses ou ayant un surplus de poids.

 

LIEN ENTRE DIABETE ET OBESITE / CONSEQUENCES

   L'obésité et le diabète de type 2 sont deux maladies extrêmement liées, ayant pour origine une surconsommation de sucre. En effet, de nombreux travaux scientifiques montrent qu'un tiers des obèses sont diabétiques : sans en être la seule cause, le surpoids favorise fortement l'apparition du diabète de type 2. De nombreuses études épidémiologiques ont été réalisées afin de prouver cela.

Exemple d'études réalisées montrant un lien direct entre diabète et obésité

   Des études menées auprès de 113 861 femmes américaines âgées de 30 à 35 ans, ont permis de dresser le diagramme ci-dessous. La corpulence de ces femmes a été estimée par la mesure de l'indice de masse corporelle ou IMC (IMC = poids/taille au carré) : on considère qu'il y a surpoids à partir de 25 et obésité à partir de 30.

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    Mais ces deux maladies sont à l'origine de multiples autres complications de santé.

Le diabète de type 2

   Le diabète de type 2 expose à l’apparition précoce de complications cardiovasculaires graves (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux). En effet, en raison de l’hyperglycémie chronique et de son association à d’autres facteurs de risques cardiovasculaires (obésité, hypertension artérielle, sédentarité…), le diabète favorise le développement de plaques graisseuses au niveau des grosses artères. Le vieillissement accéléré des artères coronaires du cœur détermine ainsi une mortalité prématurée chez les diabétiques, en particulier chez les femmes, habituellement protégées contre les maladies cardiovasculaires jusqu'à la ménopause. La probabilité de développer un infarctus du myocarde est multipliée par deux à quatre chez un diabétique en comparaison d'un non diabétique et ces infarctus sont deux fois plus souvent mortels, les diabétiques sont deux fois plus enclins que les personnes non diabétiques à développer une artérite des membres inférieurs, et enfin ces patients sont plus souvent victimes d'accidents vasculaires cérébraux et ces problèmes sont, en général là aussi, plus graves que chez les non diabétiques.   

L'obésité

   Une enquête a été faite dans le cadre du PNNS et montre que l’obésité peut entraîner d’autres complications de santé : l’enquête ObEpi 2003 concerne un échantillon de 25 770 adultes âgés de 15 ans et plus, représentatif de la population française. Différents critères ont été pris en compte parmi lesquels : le poids, la taille, le sexe, l’âge, la formation, la profession, la région d’implantation et la catégorie d’agglomération. Ils permettent ainsi de donner un éclairage précis sur l’état de l’obésité et du surpoids en France, en 2003 . Selon le Professeur Basdevant : «Les conséquences directes des formes modérées de l’obésité, les plus fréquentes, sont une augmentation des facteurs de risques tels que le diabète, l’hypertension artérielle et l’excès de cholestérol». En effet, lorsqu’on examine les facteurs de risque de l’obésité et du surpoids (hypertension artérielle, excès de cholestérol, de lipides ou de triglycérides,diabète), on s’aperçoit que 42,5% des personnes en surpoids ou obèses présentent au moins l’un des facteurs de risque alors que seuls 18,6% des personnes de poids normal en présente un. Ce sont surtout les hommes en particulier entre 55 et 65 ans qui présentent ces facteurs de comorbidité.

   D’autres statistiques montrent encore que les personnes dont l’IMC dépasse 30 présentent des risques supérieurs de développer des affections métaboliques (diabète), cardio-vasculaires (insuffisance coronaire, infarctus du myocarde, hypertension artérielle),respiratoires (insuffisance respirobesite-map.jpgatoire) et rhumatologiques (arthrose). Dans certains cas, le risque de complications dépend de la répartition du tissu adipeux excédentaire. Ainsi, une accumulation de graisses dans la région abdominale augmente les complications vasculaires.

   Aujourd'hui, on estime à 3,4 millions le nombre de français atteints d'un diabète de type 2, estimation certainement en dessous de la réalité puisqu’en France, près de 600 000 diabétiques ne seraient pas diagnostiqués, et à plus de 20 millions celui de français en surpoids ou obèses (chiffres de 2009 d'après une enquête de l'INSERM). Ces chiffres grandissants ne laissent pas d'alarmer l'Etat français sur la santé de sa population.

 

UN PHENOMENE DE SANTE PUBLIQUE

   Le coca, comme toutes les autres boissons sucrées, n'est pas à proprement dit dangereux pour la santé. Mais c'est sa consommation régulière et excessive qui, en entraînant une surconsommation de sucre, peut aboutir à de graves problèmes de santé, tels que l'obésité et le diabète de type 2. Il est par ailleurs associé aux fast food, et est vu, par exemple, comme la boisson représentative de la chaîne internationale Mac Donalds. L'entreprise Coca-Cola se heurte donc aux mesures prise par l'Etat français qui, à l'aide campagnes publicitaires et de slogans, encouragent la population à surveiller leur alimentation. Notre société condamne aujourd'hui la malbouffe au profit d'une alimentation équilibrée, on parle davantage qu’autrefois de nutrition, les français sont de plus en plus nombreux à faire attention à ce qu’ils mangent ou boivent. C'est un véritable problème de santé publique qui est en jeu.

   L'Etat français a lancé en janvier 2001 le Programme National Nutrition Santé, le PNNS. La mise en place d'une politique nutritionnelle est en effet apparue, au cours des dernières années, comme une priorité de santé publique. Le rôle joué par la nutrition comme facteur de protection ou de risque des pathologies les plus répandues en France est de mieux en mieux compris, qu'il s'agisse du cancer, des maladies cardiovasculaires, de l'obésité ou encore du diabète de type 2. Ce programme a donc pour objectif général l’amélioration de l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Le programme a été prolongé en 2006 puis en 2011. Il prévoit 4 plans d’actions dont le premier est la prévention et l’éducation nutritionnelle, en particulier la prévalence du surpoids et de l'obésité et la réduction de la consommation en sucre. C’est dans ce champ que s’inscrit le programme Manger, bouger pour ma santé. Ce dernier repose pour beaucoup sur des outils et actions adaptés au milieu scolaire. Un site a été crée, mangerbouger.fr, où l'on peut trouver toutes les informations nécessaires concernant la nutrition. Un guide alimentaire existe en ligne, on y retrouve l’ensemble des recommandations du Programme national nutrition santé ainsi que les réponses aux questions sur l’alimentation et l’activité physique. Tout le monde est concerné, des plus petits aux personnes âgées, en passant par les ados et les parents. Le programme est également très développé dans le domaine des médias : sur les publicités de sodas par exemple, il est exigé de diffuser en bas de l'écran le message "pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé".

   On a aussi pu noter que, parmi les mesures d’austérité annoncées par le premier ministre français à la fin du mois d’août de l’année 2011, figurait celle de l’augmentation des prix des boissons avec sucre ajouté. Cette taxe permettrait de rapporter près de 200 millions d’euros à l’Etat français, mais serait également un moyen de sanctionner les firmes qui vendent des produits sucrés. Les dirigeants de l’entreprise Coca-Cola ont alors exprimé leur désaccord avec une taxe « qui sanctionne leur entreprise et stigmatise leurs produits » et réaffirment leur « opposition vigoureuse à toute forme de stigmatisation des boissons sucrées et à leur assimilation à d’autres catégories de produits tels que le tabac » d’après l’article publié le 08/09/2011 sur lefigaro.fr.

   L'entreprise Coca-Cola est donc confronté aux effets néfastes de son produit sur le corps humain en cas de consommation excessive et régulière. Depuis les années quatre-vingt, un nouveau challenge se présente à elle puisque, comme les autres marques de sodas, elle fait face à une défiance grandissante des consommateurs face aux boissons sucrées. Considéré comme l'aliment des muscles des sportifs dans les années soixante, le sucre ne fait en effet plus autant rêver...

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