Les limites

RISQUE D'ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ

 

Le chercheur danois Thorhallur Halldorsson a mené une étude épidémiologique sur exactement 59 334 femmes enceintes, suivies entre 1996 et 2002, établissant une association statistique entre la consommation de boissons gazeuses contenant des édulcorants et le risque d’accouchement prématuré.

Les conclusions ont été publiées dans la revue The American Journal of Nutrition dans l’édition de septembre 2010. Il apparaît que la consommation d’une cannette de boisson gazeuse édulcorée augmente en moyenne de 27% le risque d’une naissance avant terme. Ce risque augmente en fonction du nombre de boissons consommées par jour.Le risque est de 75% pour plus de 4 sodas « light » consommés par jour.  Ces résultats ne sont pas observés avec les boissons sucrées.

Cette étude constitue un élément nouveau sur d’éventuels effets des édulcorants d’autant qu’elle est basée sur un effectif important (environ 60 000 femmes enceintes). Elle nécessite néanmoins des travaux complémentaires, comme le suggère eux-mêmes les acteurs de l’étude.Suite à cette étude, des scientifiques du RES (Réseau Environnement Santé) ont adressé un courrier le 15 novembre 2011 à Xavier Bertrand, ministre de la Santé, pour appeler à la vigilance quant à la consommation d'aspartame notamment présent dans les boissons light pour les femmes enceintes.

"Monsieur le Ministre,

 Le 16 octobre 2011, vous avez affirmé à propos de l’aspartame : « s’il y avait un rapport qui disait clairement « cela représente un danger, il faut retirer », je n’hésiterais pas à le faire, mais ce n’est pas le cas ». Il y a un an, une étude réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes par une équipe danoise mettait en évidence un taux plus élevé de naissance prématurée tardive  proportionnel à la consommation de boissons gazeuses avec édulcorants. [...]

Plus de 12 mois se sont déjà écoulés, soit environ 700 000 naissances supplémentaires sans que les mères n’aient été alertées du risque. Les données scientifiques sont suffisantes pour agir, c’est-à-dire, à tout le moins, pour diffuser des conseils de prudence auprès des femmes enceintes.

Nous vous prions d’agréer Monsieur, l’expression de nos sentiments dévoués à la cause de la santé environnementale."


EFFET CANCERIGENE

istituto-ramazzini-2.pngLe chercheur italien Morando Soffritti, de l’institut Ramazzini de Bologne a étudié les conséquences de l’ingestion quotidienne d’aspartame sur les rats.

        En 2006, une première étude portait sur six groupes de 62-122 mâles et femelles souris exposés quotidiennement à des doses de 20mg/kg à 100mg/kg d’aspartame (la DJA en Europe est de 40mg/kg) à partir de la vie prénatale (12 jours de gestation) jusqu'à la mort. A leur mort, chaque animal a subi une autopsie complète et tous les tissus et les organes de tous les animaux de l'expérience ont été examinés au microscope. Les chercheurs ont noté une augmentation significative, corrélée à la dose administrée, cancer du foie et du poumon chez la souris mâle.

        En 2007, une seconde étude portait sur des groupes de 70 à 95 rats mâles et femelles exposés à des doses de 20mg/kg à 100mg/kg d’aspartame par la nourriture à partir du 12ème jour de vie fœtale jusqu'à la mort naturelle. Les chercheurs ont constaté des tumeurs malignes chez les mâles en particulier dans le groupe traité avec 100mg/kg d’aspartame, des lymphomes (cancer lymphatique) et des leucémies (cancer de la moelle osseuse) chez les mâles et les femelles ainsi que des cancers mammaires chez les femelles.

       Dans une déclaration de février 2011, le panel scientifique de l’EFSA estimait que l’étude Ramazzini présentait plusieurs vices (notamment des troubles respiratoires chez les animaux), remettant ainsi en question la validité des résultats. L’EFSA a conclu que l’aspartame demeure sans danger pour la consommation humaine et qu’il n’y a pas de raison de réviser la DJA précédemment définie pour l’aspartame ni de conseiller aux consommateurs de modifier leurs habitudes alimentaires. En mai 2011, la Commission européenne a invité l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à anticiper la réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame (E 951) en 2012. Il était prévu à l’origine que cette réévaluation soit achevée en 2020.

 

NE FAIT PAS FORCEMENT MAIGRIR

Selon le règlement européen du 1er juillet 2007, le terme « light » ou « allégé »  impose d’avoir réduit d’au moins 30% la teneur en sucre par rapport au produit similaire. Le goût sucré est maintenu grâce aux édulcorants, notamment l’aspartame (E 951).  De plus, les édulcorants intenses ne stimulent pas la sécrétion d’insuline. Autrement dit, les boissons light « leurrent » notre organisme. Une partie des calories manquantes serait compensée au cours du repas suivant. Ce sont les édulcorants intenses tels que l'aspartame, qui fausseraient les mécanismes naturels du choix des aliments. Prendre une boisson « light » ferait préférer des aliments gras et très salés ou sucrés au détriment d’aliments meilleurs pour la ligne. Ils sont également soupçonnés de réduire la sensation de satiété en fin de repas.

Une étude aux Etats-Unis a suivi 3370 volontaires sur huit ans. Le suivi de ces volontaires suggère un lien entre prise de poids et consommation de plus de 20 boissons « light » par semaine. Chez les participants ayant initialement un indice de masse corporelle (IMC) normal, le risque de souffrir d’obésité ou de surpoids a été multiplié par deux. Les « light » pourraient donc faire prendre du poids.

Florence Rossi, porte-parole de l’Association française de diététiciens nutritionnistes (AFDN) précise : « Tout ce qui a une saveur sucrée peut augmenter l’appétit pour le sucré, c’est pourquoi l’usage d’édulcorants doit s’inscrire dans un contexte d’équilibre alimentaire et ne pas être un prétexte pour manger du sucre à volonté. »

«Le seul atout s'adresse aux diabétiques amateurs de sodas, leur version "light" peut être pour eux un moyen de satisfaire une envie de sucre» souligne le Professeur André Grimaldi, diabétologue à la Pitié-Salpêtrière à Paris. De plus, l'aspartame ne contribue pas à la formation de caries dentaires.


 



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